vendredi 24 février 2017

Allumer le poste




"Deux invités, un conte et un règlement de comptes. Le poète et traducteur Jean-Yves Masson raconte une histoire de paysans, de princesse, de fées et de larmes. Tandis que l’écrivain et traducteur Claro se retourne au lance flamme contre la tentation de raconter l'histoire de Nikolai Mikloukho-Maklai, anthropologue russe et aventurier extraordinaire."
C'est vendredi à 15h sur France-Culture. Vous pouvez aussi le podcaster. Tant qu'à faire en buvant un gin français élaboré dans la région de Cognac à partir d'alcool de raisin et infusé avec dix plantes aromatiques, histoire d'allier le savoir-faire ancestral de la distillation du raisin et des techniques d'infusion à l'introduction de la révolutionnaire fleur de vigne et de rédéfinir les frontières du gin tout en changeant la perception de cet alcool séculaire, traditionnellement fabriqué avec du grain. C'est vous qui voyez et vous qui buvrez.

Le lisible est-il risible?

Le site (littéraire) américain "The Millions" a publié récemment un très intéressant article de Ben Roth sur la notion de "lisibilité". L'article s'intitule d'ailleurs "Contre la lisibilité". Je vais essayer de vous le traduire-résumer-paraphraser-refiler.

En gros, Ben Roth s'agace du fait que le mot "lisible" est devenu l'éloge littéraire idéal à notre époque, vu que nous sommes devenus crassement incapables de nous concentrer comme nous le faisions il n'y a pas si longtemps. Pour lui, louer la lisibilité c'est tomber dans le cercle vicieux d'une certaine culture actuelle. Faute de savoir nous concentrer, nous prisons la satisfaction que procure tout contenu nous permettant de mettre en berne notre attention. On aurait pu penser que "lisible" se référait au premier thriller venu, à n'importe quel livre de plage. Mais c'est là une question de définition? Un thriller illisible ne serait plus un thriller… Non, "lisible" est un terme désignant une fiction lorgnant du côté du littéraire, sans trop exiger du lecteur. Une fiction qu'on lit pour se persuader qu'on sait lire encore un bon bouquin, ou du moins quelque chose qui lui ressemble.

Or Ben Roth remarque que ce mot de lisible n'arrête pas de revenir sous la plume des critiques, et ce concernant certains auteurs célèbres comme Dave Eggers, Zadie Smith, Michael Chabon, Jonathan Lethem ou Jonathan Safran Foer. Sans cesse, on nous rassure: Oui, Elena Ferrante est "fascinante par sa lisibilité"; les livres de Knausgaard sont "intensément, irrésistiblement lisibles". Le roman de Rachel Kushner est "immensément lisible". Lisible/risible: la frontière semble parfois mince.

Du coup, Ben Roth se demande quels romans ne sont pas lisibles. Finnegans Wake. La trilogie de Beckett. Certains livres de Burroughs.  JR de Gaddis. En fait, il semblerait qu'on appelle "illisible" un livre que le lecteur (cette douteuse entité) n'arrive pas à finir. Mais Roth de faire remarquer que, en ce qui le concerne, il a lu d'une traite les livres de Franzen, puisqu'à aucun moment l'auteur ne semblait lui demander de s'arrêter pour penser… En gros, ce que Roth baptise malicieusement: "un faux trophée". Idole molle, ajouterais-je.

Pour Roth, le terme "lisible" n'est pas le problème. Il y a des bons et des mauvais livres lisibles. C'est même peut-être, toujours selon lui, le genre de livre qu'on devrait éviter. Ce qu'il nous faut, ce sont des livres qui nous ralentissent et nous aident de nouveau à nous concentrer. Des livres qui nous forcent à nous occuper du langage, des idées, et de l'étrangeté oubliée du monde. Quelques exemples? Les livres de Colson Whitehead, Dana Spiotta, Ben Marcus, Lydia Davis. William Gass. 

Bref, des livres qui résistent au lieu commun, au cliché, des livres qui vous ralentissent, exigent votre attention et votre concentration, transfigurent la langue et, à travers elle, le monde. 

Pour terminer, je me permettrai d'ajouter qu'il existe pléthore de livres illisibles. Et s'ils le sont, c'est parce que, à peine les a-t-on commencés, on a l'impresssion de les avoir déjà lus, ou plutôt de savoir de quelle langue ils se chauffent. On voit à quel degré ils sont penchés, et à quelle vitesse les mots coulent sur leur surface, et dans quel bassin de récupération littéraire ces mots s'accumulent. Ce sont des livres qui pleuvent de haut en bas – et ne font guère mouiller, par ailleurs. En fait, on pourrait dire qu'est illisible tout livre aspirant à tellement de v/l/isibilité qu'il incarne (mais sans chair aucune) une évidence dont nous pouvons/devons nous passer. Ils semblent écrits pour l'œil, pas pour qu'on tire la langue ailleurs.

jeudi 23 février 2017

Motocritique du charnier

"Le nouveau livre de Claro s'intitule Hors du charnier natal, mais à le lire on se dit qu'il aurait dû s'appeler Hors du chantier naval, tant les galères qu'il nous inflige sombrent l'une après l'autre dans la vase de l'indigeste. Sous prétexte de ne pas savoir trousser un roman, qu'il doit juger indigne de lui, l'auteur-traducteur s'évertue à dynamiter un sujet pourtant en or. En effet, avec le personnage assez légendaire de ce Russe anthropologue parti vivre au milieu des Papous, il aurait pu brosser un portrait détonnant du scientifique en exil, tâter de l'exotique errance qui nous transporte loin de nous, peindre la Russie de la fin XIXème, explorer les abysses du naturalisme, bref, rendre à la narration ses (belles-)lettres de roture. Au lieu de ça, le fantassin Claro piétine, macère, marine. Il se complaît dans la disjonction de son récit, nous inflige de vrais/faux souvenirs d'une adolescence ramboldienne (sic) pour mieux mettre en exergue de son projet la fameuse difficulté d'écrire. Ses parents, ses tantes, sa sœur, et même sa chatte! N'est pas Angot qui veut. 

S'autoparodiant, plus crispé que jamais dans ses tics et tacs littéraires, l'auteur s'embourbe dans une entreprise fastidieuse où il cherche à régler ses comptes avec ce qu'il appelle les PBJ ('petits bijoux ciselés'), ne réussissant au final qu'à mettre en scène sa rancœur de n'être pas assez lu. Il y a bien certains moments de bravoure, certaines envolées qui pourraient donner des ailes à qui veut fuir ses responsabilités, mais dans l'ensemble Claro piétine les mêmes sempiternelles platebandes que dans ses autres pensums. Confit de vanité, il se pose en champion du style, éructant à sa parnassienne façon (Hérédia, sors de là) un conte peu engageant où il cherche à jouer et l'ogre et le petit poucet.

Déjà, dans son précedent livre, Crash-test, il nous infligeait trois nouvelles au prix d'un roman, avec galimatias femen, torture alla Ballard et branlette seventies. Là, il s'enfonce dans une lie-térature douteuse dont le lecteur ne saurait sortir, heureusement, qu'indemne. L'auto-fiction, c'est bien, mais encore faut-il savoir (se) conduire. Si Claro sait faire une chose, ma foi, c'est bien aller dans le décor."

(critique parue dans La Revue du Critique, mars 2017)

mercredi 22 février 2017

Pilotin, charmeur de volcan: Lowry Story (et autres continents)

Photo de Michel Pilotin, © Jacques Sadoul, 1954
Comment un ex-étudiant martiniquais du nom de Michel Pilotin (1906-1972, proche des surréalistes avant de devenir un des pionniers de la SF française au côté de Vian, en est-il venu à traduire, sous le nom de Stephen Spriel, le cultissime Au-Dessous du Volcan ?

Le fait est que Pilotin a travaillé avec Clarisse Francillon sur cette traduction, avec comme éminent collaborateur l'auteur lui-même. A l'époque, Lowry vivait alors à Paris, avec sa femme Margerie, et Pilotin et Francillon parvinrent tant bien que mal à organiser des séances de travail avec le fuyant auteur. Francillon a d'ailleurs laissé un témoignage vaporeux de cette collaboration:
"Que ce fût dans cette maison-là ou dans la mienne, le rite était le même. Après son opaque sommeil, qui se prolongeait jusqu'à une heure avancée du matin, il enfilait impatiemment, fiévreusement, son chandail de laine grise à col roulé, son unique souci étant de. gagner la cuisine au plus vite. Les tremblements nerveux qui secouaient ses membres ne se calmaient qu'une fois absorbés les premiers verres de vin rouge coupé d'eau. On lui préparait cette boisson dans une petite carafe dont le bouchon, heurtant le goulot, rythmait toute une partie de la journée. Dans nos esprits inquiets, ce tintement prenait des proportions démesurées, il s'enflait, il devenait celui d'une sonnette d'alarme, d'une cloche de navire errant parmi les brumes. Cela durait jusqu'au moment où, effectivement, Lowry disparaissait, et quoi que nous puissions dire ou faire, nous échappait."
Il est pour le moins étonnant – mais l'est-ce vraiment? – que celui qui traduisit le premier Lowry ait été, dans le désordre, étudiant martiniquais, proche du surréalisme, ami de Vian et promoteur de la science-fiction en France, bref, électron libre quelque peu négligé par les temps, discret jusque dans son rôle primordial. Parmi ses autres faits d'armes connus, Pilotin compte (sous ce nom) une autre traduction, une nouvelle de Philip K. Dick intitulée La Machine à détruire (parue en anglais en 1957 sous le titre The Unreconstructed). Par ailleurs, Pilotin a co-fondé, chez Gallimard, la collection culte "Le Rayon Fantastique":
"Le 22 novembre 1949 lorsque le journaliste/traducteur Michel Pilotin reçoit le feu vert pour la création d’une série de science-fiction au sein de cette maison. Entre 1950 et 1951, Michel Pilotin prépare sa collection en achetant les droits de traductions de livres américains et en sollicitant des auteurs francophones. (Source Wikipedia)"
1949: l'année où paraît la traduction d'Au-dessous du volcan. Pilotin prendra pour l'occasion le pseudonyme de Stephen Spriel. (Il traduira également en1952 un roman, Les habitants des autres planètes, de Kenneth Heuer). Boris Vian, quand il écrit à Pilotin, le surnomme "Frère Michel" – il faut dire qu'ensemble, ils font partie d'une société secrète, "le club des Savanturiers" - d'ardents défricheurs de la SF – fondée le 26 décembre 1951 par Queneau, Pierre Kast, France Roche, François Chalais au bar de la Reliure chez Sophie Babet, rue du Pré-aux-Clercs. D'autres noms? D'accord. Lovecraft, Asimov: ne cherchez plus. C'est Pilotin qui a aidé à leur gloire française.

Jacques Sadoul nous dit par ailleurs qu'on doit également à Pilotin l'achat des premiers titres de la collection Présence du Futur. Que sait-on encore? Avant d'œuvrer à l'émancipation de la SF française, Pilotin avait contribué au début des années 30 à l'unique numéro d'une revue, Légitime Défense, revue d'inspiration marxiste qui
"accuse ouvertement les « békés » (descendants d’esclavagistes installés aux Antilles) de la misère de la condition noire et de la misère sociale régnant sur la Martinique. La revue fait effectivement cas de cette lutte des classes exposée par Karl Marx, mais qui, en raison de l’esclavage, fait plus de dégâts dans les îles. Une situation où l’asservissement a officiellement été aboli le 22 mai 1848, mais qui perdure grâce à l’oligarchie française (blanche), et par la participation de la nouvelle classe que sont les martiniquais bourgeois (noirs)." (source ici)
Bref, c'est dire avec quelle impatience on attend le volume d'Histoire des traductions en langue française consacré au 20ème siècle, à paraître chez Verdier sous la houlette de Bertrand Banoun, Jean-Yves Masson et Isabelle Poutin. Peut-être en apprendrons-nous plus alors, non seulement sur le très actif Michel Pilotin mais sur les liens entre SF et la traduction, liens qui semblent profonds et révélateurs, comme si traduire avait été, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, un geste intimement lié à la découverte de mondes imaginaires. La traduction n'est-elle pas, après tout, une sorte de "rayon fantastique" censé nous révéler "la présence du futur"? A suivre…

jeudi 16 février 2017

Vidéo Proust Variations


On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel apparaît brièvement Platon, au sortir d'une caverne.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel apparaît brièvement Balzac, au sortir d'un café.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel apparaît brièvement un écrivain dont l'identité reste inconnue.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel apparaît brièvement un sosie de Thomas Pynchon.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel apparaît brièvement le sentiment que tout ça ne pouvait pas durer.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel on reconnaît brièvement s'être trompé.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel on reconnaît brièvement à certains détails que tout ce qui apparaît disparaît.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel on reconnaît brièvement des êtres qu'on croyait jusqu'alors immobiles.

On vient de reconnaître brièvement un vieux film d'époque dans lequel on a du mal à se retrouver.

On vient de retrouver un vieux film d'époque dans lequel on reconnaît brièvement que le temps s'est perdu.

lundi 13 février 2017

Pris dans le sac

C'est avec une grande joie consumériste et décomplexée que je vous fais part du communiqué suivant:
"Les Éditions Gallimard ont proposé à cinq auteurs français et trois auteurs américains d'écrire librement une nouvelle autour du sac comme objet littéraire. Centré sur le sac Lady Dior, objet de mode devenu icône, chaque texte offre au lecteur une vision singulière où les mots jouent habilement avec cet objet de désir. "
Cette démarche forcément originale et nécessairement sympathique a donné un ouvrage dignement libre et inévitablement singulier, je suppose, dont le titre élégant est Lady. Sur le site Gallimard, l'ouvrage est référencé ainsi:
"Genre: Nouvelles et récits Catégorie > Sous-Catégorie: Littérature française > Nouvelles et récits Époque: XXè-XXIè siècle."
Sous-Catégorie: Littérature française: Outre le fait que trois des écrivains convoqués à cette célébration désintéressée et non publicitaire sont américains (aucun écrivain pakistanais ou syrien pour parler de Dior?), cette notion de "sous-catégorie" a le mérite de la clarté. On espère vivement que cette fringante initiative sera suivie par d'autres éditeurs, autour d'autres "objets littéraires" que le sac en cuir véritable, d'autres "icônes", d'autres "objets de désir", et que les écrivains sauront trouver des mots qui "jouent habilement" avec. Genre: le Rafale de chez Dassault, le Banc Incliné Anti-SDF de chez Decaux, etc.

Enfin, retenons surtout qu'il existe encore des éditeurs courageux pour "proposer à des auteurs d'écrire librement". C'est une bonne nouvelle. Faudrait juste pas que ça devienne une manie.


Recettes pour vaincre la peur: Clerc en vers

© James Hopkins, Wasted Youth
Les livres de Thomas Clerc mettent trois ou quatre ans à nous parvenir, tels des astres lointains, mais au moins, quand ils arrivent, ils ont la force et l'intensité de ces aérolithes qui nous aident à oublier les petits producteurs de caillasses. En outre, les livres de Clerc sont épatants – au sens où ils étonnent et satisfont – et nécessaires – leur absence serait scandaleuse.

Son dernier opus paru, Poeasy, se dévore lentement et se déguste fiévreusement avec le même plaisir qu'on éprouve, par exemple, à voir Paterson, le film de Jarmush (lui-même à l'antipode de cet indigestupide koulibiak qu'est La-La-Land, mais passons).

En 2007, Clerc nous faisait visiter un arrondissement parisien jusque dans les plis de son espace-temps; en 2013, avec Intérieur, il nous libérait dans un appartement au-delà des apparences. Aujourd'hui, il nous donne Poeasay, un recueil de 751 poèmes, fruits nerveux d'une imprévisible greffe de "poésie-easy", donc, mais attention! easy ne veut pas dire à l'aise, même si casuel pourrait faire l'affaire, voire décontracté, mais sûrement pas relâché, ça non, car si le poème-clerc feint souvent de se dandyner, c'est pour mieux fractaliser des crispations, un peu comme on adopte un certain froissé pour empêcher à certaines évidences de glisser trop vite:

"Easy veut dire facile
or la facilité n'est pas facile
c'est assez difficile d'être facile
ça ne paraît pas comme ça
pourtant ça l'est, easymoi je ne le traduis pas,
pas par facile en tout cas."

A qui voudrait attribuer quelques étoiles à sa portée (musicale, of course), on fourguera vite-fait-bien-fait-pour-lui les noms de Laforgue et Queneau, en ajoutant un peu de poussière de Roussel sans oublier quelques grains de Perec, puis on arrêtera de presser l'éponge de la comparaison pour que tout soit plus Clerc.

C'est quoi, pour Clerc, la poeasy? Un peu comme le speakeasy? on commande de la poésie, mais à voix basse, pour ne pas attirer l'attention? C'est évidemment plus complexe, mais aussi moins clandestin. Chez Clerc, le poème est un petit module rusé, ce qu'il qualifie ainsi:
"une autre came d'inédite voix, pas trop produite",
bref, un drone émotionnel, une nictation mentale, qui touche à tout (ce qu'il aime, déteste, a besoin, se moque de, prend appuis sur, a connu, évité…), joue la carte de la nonchalance pour aborder l'essentiel, pousse la chansonnette pour couper le socio ou le philo d'un fier rejet du gauche, s'introspecte en surface et se confesse en multi-face. Il se livre à toutes sortes d'exercices périlleux (donner son avis, le reprendre, se détailler, s'entailler…), décrit des descriptions (Pasolini palpite par ici), embrasse les années écoulées puis écroulées, en un fier feu roulant où tantôt ça popart' tantôt ça discote, le tout épaulé discrètement par une ombre-bartleby. Précisons que c'est cadencé au millimètre même si ça joue à claudiquer souvent (le côté funk-Verlaine de Clerc).

Changeant sans cesse de registre, de tessiture, variant les angles d'attaque et les postures de recul, Clerc parle de tout sans omettre le rien, intrigué autant par les reliefs que les creux, sachant faire parler le superficiel et rabattre son caquet au profond, transmutant l'impressionnante ambition de son projet en une intranquille épopée de l'immédiat où chaque mot tapé tape en retour. Un moteur à dépositions, où se livre plus d'un pan d'auteur.

Lecteur, repose ce grumeleux roman jaunâtre qui suinte la naphtaline narrative et file acquérir sans plus tarder ce feu d'artifices sincères qu'est Poeasy!

"Saboter une arme, une pelle
à bras cassés, toi
tu faisais bien des massacres
de poupées. Ah, qu'on ne rouille
pas trop vite."

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Thomas Clerc, Poeasy, éd. L'Arbalète/Gallimard, 24 €